L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a été désigné lundi à Goma à la tête du Front pour la refondation de la Nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire regroupant plusieurs figures politiques et militaires liées à la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).
La nouvelle plateforme a été présentée lors d’une cérémonie organisée à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, en présence de Joseph Kabila et de plusieurs hauts responsables du M23.
Dans l’organigramme du FRN, Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga ont été nommés vice-présidents. Ils occupent respectivement des fonctions de premier plan au sein de la coalition rebelle et du M23, notamment sur les plans politique et militaire.
Selon un communiqué, le FRN succède à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), une coalition politique alliée au M23.
Cette annonce intervient trois jours après une adresse à la nation de Joseph Kabila, prononcée vendredi dernier. À cette occasion, l’ancien chef de l’État, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, avait plaidé en faveur d’un dialogue national inclusif pour sortir le pays de la crise.
La désignation de Joseph Kabila intervient alors que l’ancien président fait l’objet d’une lourde condamnation judiciaire. Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire congolaise l’a condamné par contumace à la peine de mort, notamment pour trahison et crimes contre l’humanité.
Selon le verdict, il a été reconnu coupable de plusieurs infractions, dont la participation à un mouvement insurrectionnel, l’homicide volontaire, la torture et le viol, dans une affaire liée à son implication présumée dans la rébellion du M23 dans l’est du pays.
Depuis janvier 2025, la situation sécuritaire dans l’est de la RDC s’est considérablement détériorée. Les combats impliquant le M23 ont entraîné la prise de plusieurs zones stratégiques, dont la ville de Goma, accentuant les tensions politiques et humanitaires dans cette région.

